MONTERA de Béatrice

Doctorante, IHPST - Paris 1 Panthéon-Sorbonne

J'ai fait un double cursus en parallèle en biologie et philosophie du DEUG au doctorat. Je suis docteur en biologie et je termine ma thèse de philosophie sur le rôle de l'épigénétique dans l'identité biologique de l'individu.

La liste des mes publications et productions est disponible dans mon CV en document attaché.

En 2001, au cours d'un doctorat de philosophie et éthique des sciences sous la direction d'Anne Fagot-Largeault sur le statut éthique et épistémologique des êtres clonés, la rencontre avec Jean-Paul Renard, directeur du laboratoire de Biologie de la Reproduction à l'INRA et responsable du clonage animal en France, m'a convaincue qu'il fallait que j'aille faire de la philosophie embarquée au laboratoire pour connaître réellement l'objet de ma recherche.
J'ai alors effectué un Master de génomique puis une thèse de doctorat en biologie avec un double objectif : i) celui de caractériser biologiquement les clones en vérifiant le résultat et les conséquences d'un clonage sur un individu, ii) celui de caractériser le statut épistémologique et éthique de ces nouveaux animaux, sans précédent chez les Mammifères.

Suite à mon travail de thèse de 4 ans de (2003-2007) qui m'a permis de publier 2 articles de biologie et 5 articles interdisciplinaires en philosophie et éthique des biotechnologies, on m'a proposé un contrat d'ingénieur d'étude (2007-2009) où j'ai travaillé à la caractérisation épigénétique cette fois des clones et à celle du statut éthique des clones et des chimères grâce à un contrat européen et à des ANR INRA. 

L'épigénétique qui se définit comme l'étude des processus régulant l'expression des gènes sans touchant à la séquence de l'ADN, est apparue à ce moment-là comme la piste la plus prometteuse pour caractériser les animaux clonés dont il fallait, à ADN égal (ou quasi égal), mesurer la variabilité d'origine non génétique et son éventuelle transmission à la descendance.
A l'issue de ce travail d'ingénieur de 2 ans, j'ai publié un article de biologie où je démontre que les clones étudiés sont des "variants épigénétiques" et 2 articles interdisciplinaires caractérisant les clones comme des chimères ayant un statut ontologique différent et donc un statut éthique différent.

2 post-doctorats effectués à l'Université Laval au Canada de novembre 2009 à janvier 2012, l'un en épigénétique chez les embryons pour mesurer l'impact de la fécondation in vitro sur le génome et l'autre sur les enjeux épistémologique du clonage, sont venus confirmer ma démarche interdisciplinaire engagée depuis 2002. A l'issue de ces 2 post-doctorats, 1 article est accepté pour publication sur l'importance des régions non codantes dans la régulation épigénétique du développement des embryons en réponse à leur environnement (de Montera et al., BMC Genomics, 2013), et un autre article est soumis sur l'analyse épistémologique et éthique des "sécrétions du clonage", les sécrétions étant définies ici comme le matériau anthropologique émanant du travail de recherche en train de se faire (pensées, émotions, censures au cours de l'invention biotechnologique).

C'est munie de ce bagage de recherche que je suis rentrée en France pour terminer ma thèse de philosophie interrompue délibérément pour enrichir ma réflexion à l'aide de données et d'une expérience authentiquement scientifiques. Je termine donc actuellement ma deuxième thèse en philosophie des sciences sous la direction de Jean Gayon et Anne Fagot-Largeault en analysant la part du déterminisme épigénétique dans les notions d'identité biologique de l'individu et d'hérédité.

Équipe(s) de recherche